Économie locale

CFCIB: “Le premier pas de vouloir développer le Burundi, c’est d’en parler correctement”

Le Burundi a besoin de remarquables efforts pour redynamiser l’économie. Le président de la CFCIB tente de nous éclairer sur l’état des lieux du commerce et de l’industrie au Burundi et sur les voies de sortie.

@Ikiriho : Quels sont les défis actuels que rencontrent le commerce et l’industrie au Burundi ?

Audace Ndayizeye : Actuellement le secteur économique en général connaît les problèmes liés à l’enclavement, le manque de devises et l’étroitesse du marché. Parlant d’enclavement, nos produits ne sont pas très présents et ni compétitifs sur les marchés internationaux à cause des coûts de production et de transport élevés. Il faut aussi noter que le degré d’industrialisation du Burundi n’est pas la même que chez les voisins.
Ensuite, même si le problème des devises n’est pas seulement au Burundi, il se présente dans la région à des degrés divers. Il est plus pressant au Burundi pour cause des cours des produits que nous exportons qui ont sensiblement chuté, à l’exemple du café qui a chuté de plus de 50% à partir de l’an 2015, sans oublier la mesure prise par nos partenaires des groupements étrangers comme l’UE de bannir les aides.

Comment comptez vous agir pour relever ces défis et rendre plus dynamique l’économie burundaise ?

Nous comptons développer le secteur agricole en produisant des produits de qualité. C’est le seul moyen de nous  positionner sur les marchés de la sous-région. On travaille sur la mise en place des zones économiques spéciales et on vise surtout le marché de la RDC, dont les 70 millions d’habitants sont basés surtout à l’Est. Nous travaillons également avec l’Agence de Promotion des Investissements au Burundi (API) pour voir comment attirer plus d’investisseurs en matière d’agro-business compte tenu des atouts dont dispose le pays.

Pour y arriver, quel part d’investissement estimez-vous chez les acteurs économiques burundais ?

On ne peut pas développer l’économie sans une adhésion commune de la société vers le développement. J’encourage donc tous les Burundais à intégrer l’esprit du business et être innovateurs. Notre pays est très fertile: nous devons de moins en moins dépendre de l’extérieur et privilégier l’exportation plutôt que l’importation, notamment pour des produits que l’on peut produire localement comme le riz, le maïs, le blé… J’interpelle aussi les médias à cesser de diaboliser le pays en se basant sur des mensonges ou des rumeurs. En tant qu’opérateur économique en constante relation avec des pairs dans tout le pays, je peux assurer que le Burundi connaît une bonne situation sécuritaire, et est fréquentable. Apprenons à parler positivement du Burundi malgré les défis qui existent: c’est le premier pas pour construire, ensemble,  notre beau pays.

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