Sécurité

Rutana: incendie de cinq maisons d’un rapatrié de 1972 qui venait de reconquérir ses biens par la CNTB

RUTANA, 2 août (ABP) – Cinq maisons d’un rapatrié de la colline Bugiga en commune Bukemba de la
province Rutana (sud-est), qui venait de recouvrer sa propriété grâce à l’intervention de la Commission nationale terres et autres biens (CNTB) ont été, dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, incendiées ainsi que tous leurs contenus, laissant le propriétaire dans la désolation totale, a-t-on appris samedi de sources administratives.

Selon le conseiller technique de l’administrateur de la commune chargé des questions administratives et
sociales qui faisait partie de l’équipe communale de collaboration avec la CNTB, ce rapatrié du nom de Jean Manimero s’était exilé encore jeune en 1972 et est revenu en 2012. A son arrivée, il a trouvé la propriété lui laissée par ses parents morts en exil occupée par cinq familles qui l’exploitaient.

Il a alors fait recours à la CNTB. Au moment où cette commission traitait encore le dossier, un des
exploitants de cette propriété du nom d’Hilaire Bizoza y a construit une maison pour son fils. Et lorsque le dossier a été clos en faveur de Manimero et que cette maison ait été détruite, la colère est montée jusqu’au créneau.
C’est ainsi que lorsque la CNTB a voulu exécuter sa sentence, Bizoza et son fils se sont rebellés contre la décision.

Mais comme le procureur de la République et le commissaire provincial de la police avaient accompagné
l’équipe de la CNTB, il a été procédé à l’arrestation des deux rebelles pour permettre que les travaux avancent.

Manimero a ainsi recouvré l’entièreté de sa propriété, mais cela ne lui a pas porté bonheur, mais plutôt malheur.
Car la nuit venue, une bande d’une cinquantaine de personnes qui chantaient et lançaient des slogans contre la CNTB ont, vers 20 heures, investi sa propriété et l’ont attaqué à coups de gourdins et de machettes.

Mais comme personne ne savait où il logeait exactement et qu’il faisait nuit noire, celui-ci a pu échapper en se cachant dans un buisson et en les observant faire leur sale besogne. Ne l’ayant pas retrouvé, ils s’en sont pris à ses maisons et les ont incendiées une à une et tout ce qu’il y avait dedans, notamment les récoltes. Même les tôles non brulées ont été trouées à l’aide des machettes.

Ces cinq maisons servaient d’habitation pour Manimero et de logis pour deux élèves qu’il hébergeait.
Aujourd’hui, il est démuni de tout et l’administration communale lance un appel à toute âme charitable de lui venir en aide. La police a entamé des enquêtes pour identifier toute personne impliquée dans cet acte barbare et deux personnes parmi celles que la victime a pu reconnaître dans la nuit du forfait ont déjà été appréhendées pour enquête.

jbm/adn

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