Diplomatie

Ambassadeur Gamaha: “La Tanzanie n’a jamais fermé ses frontières avec le Burundi”

Après une vive polémique autour de l’intervention de l’ambassadeur Rajabu Hassan Gamaha sur son compte twitter, Ikiriho s’est entretenu avec le diplomate autour des relations économiques entre le Burundi et la Tanzanie.

Comment avez-vous vécu la rumeur sur la fermeture par la Tanzanie des frontières avec le Burundi? Est-ce que @gamaharaj est votre compte Twitter ?

Je prends cette opportunité d’abord pour confirmer que @gamaharaj est mon compte twitter, et comme je l’ai dit il y a quelques jours, c’est moi qui ai créé et utilisé ce compte pour couper court à la désinformation. J’aimerais encore préciser que la Tanzanie et le Burundi entretiennent de bonnes relations en matière d’affaires mais aussi comme voisins. Nos populations interagissent abondamment, nos frontières sont toujours ouvertes. Sur les réseaux sociaux et dans certains médias, il était dit que la Tanzanie avait fermé ses frontières: je le redis, cette information est archi-fausse.

Est-il vrai que la Tanzanie a interdit d’exporter des vivres sur le sol Burundais ?

J’aimerais mettre les choses au clair: il existe deux catégories de marchandises qui entrent au Burundi en provenance de la Tanzanie. D’un côté, des marchandises qui passent par la Tanzanie pour arriver au Burundi car le Burundi n’a pas accès à la mer, de l’autre des marchandises produites sur le sol tanzanien. La circulations des marchandises et normale, toutes les marchandises sont permis de rentrer sur le sol burundais. Mais il y’a une nuance sur 3 produits (le maïa, le riz et le manioc) qui ne sont pas autorisés à être exportés suite à une étude en cours pour mesurer la capacité de production de la Tanzanie. Cette interdiction d’exportation concerne tous les pays, et non le Burundi, et cette mesure est temporaire.

Comment voyez-vous l’évolution de la situation sécuritaire au Burundi ?

J’habite Kiriri. Sur mon chemin pour aller au travail et revenir, la circulation est normale. Je vois les hommes, les femmes et les enfants qui circulent en toute quiétude. Au marché, je vois les gens vaquer à leurs activités normalement. Pour moi, la sécurité réside généralement là. Tu peux pas comparer le Burundi par exemple avec la Somalie, ou le Soudan du Sud. La situation au Burundi cette année ne ressemble aucunement à ce qu’on a connu l’année passée, elle a fortement évolué à notre satisfaction, et nous souhaitons que les choses deviennent meilleures encore. C’est vrai, on entend des assassinats qui se font ici et là, et c’est horrible. Mais cela arrive dans tous les pays du monde, en Europe comme en Amérique. En ce moment surtout, on entend partout des tueries, des actes terroristes, et cela ne devrait pas être utilisé pour dire que rien ne va au Burundi.

Où en êtes-vous avec le projet de chemin de fer au Burundi ?

Mon gouvernement vient juste de débuter l’année budgétaire, et il a été annoncé dans une session qui étudiait le budget, que le Tanzanie va mettre l’accent sur ce chantier de chemin de fer qui sera bâti en respectant les standards internationaux depuis Dar-es-Salam jusqu’en RDC, via le Burundi. Les fonds sont déjà disponibles et la construction effective de cette voie commence cette année.

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