Sécurité

Baratuza: “Si le Burundi est encore un pays souverain, c’est parce que la FDN est unie”

En marge de l’octroi d’un équipement logistique fourni par la Chine à l’armée du Burundi, Ikiriho a posé quelques questions d’actualité à son porte-parole, le Col. Gaspard Baratuza.   

Ikiriho: Peut-on parler de changement des partenaires de l’armée burundaise avec le renforcement des liens militaires entre la Chine et le Burundi ?

Col. Baratuza : Le Burundi a toujours eu des partenaires multiformes à travers le monde. Les partenaires qui acceptent de soutenir la professionnalisation des Forces de Défense Nationale conformément aux lignes directrices de notre pays sont toujours les bienvenus. La Chine est un partenaire de longue date. Elle aide depuis des décennies en octroyant des bourses aux militaires burundais, meme si son soutien se renforce  au niveau bilatérale.

Les organisations proches de la société civile accusent la FDN de s’être désintégrée. Que répondez-vous?

Ceux qui parlent de “désintégration des Forces de Défense Nationale”, c’est leur leitmotiv depuis des mois, et leur souhait pour des calculs inavoués. Ils oublient que l’armée est le garant de la souveraineté Nationale. Il n’y a pas de pays souverain sans armée forte. Par conséquent, ceux qui chantent la division au sein des forces armées veulent détruire le pays et le vendre à moins cher. Si le Burundi existe encore comme pays souverain, c’est parce que la FDN est unie. Cette désintégration dont ils parlent ne se trouve que dans leur tête.

Certains craignent un affrontement militaire entre le Rwanda et le Burundi suite aux tensions persistantes entre ces deux pays. Est-ce que ces craintes sont fondées?

Au niveau militaire, il n’y a pas de tension parce que les militaires burundais se trouvent sur leur territoire. De l’autre côté du Rwanda, il n’y a pas de dépassement de frontière. Raison pour laquelle ceux qui font du bruit autour des “tensions militaires rwando-burundaises” cherchent autre chose. J’en profite aussi pour réagir sur les rumeurs persistantes de militaires burundais qui auraient traversé la frontière pour se rendre en RDC. Notre voisin est un  pays souverain avec sa propre armée. A côté d’elle, il y a une mission onusienne forte de plus de 22.000 hommes, la plus importante en Afrique. Sa présence est justement pour sécuriser notamment la partie orientale de la RDC. Il n’y a donc aucune raison d’y déployer des Burundais. Ceux qui le disent veulent brouiller les relations entre la RDC et le Burundi, en accusant les Burundais de s’ingérer dans les affaires internes d’un pays voisin.

Le Conseil Paix et Sécurité de l’Union Africaine vient de demander l’assouplissement des procédures de payement des militaires burundais en Somalie. En même temps, l’opposition radicale demande le retrait du Burundi de l’AMISOM. Quels risques ce retrait ferait-il peser ?

Les militaires burundais en Somalie ont été appelés par l’Union Africaine. Suite à l’expérience observée après l’intégration de 2005, les analystes militaires ont jugé que la FDN pouvait aider d’autres pays africains avec des problèmes de division, comme nous avions été aidés pendant la période de conflit. Concernant la demande de l’opposition, il faut savoir qu’il y a toujours dans un pays ceux qui s’opposent à ce qui est bénéfique pour tous, et qui s’opposent même au bon-sens. Mais cette fois ci ce n’est pas la nation burundaise qui est en cause, c’est la stabilité même de toute la partie orientale de l’Afrique qui est en jeu. Le terrorisme en Somalie doit être combattu avec toute l’énergie nécessaire en conjuguant des efforts avec les autres pays, contre un fléau qui s’étend à tout le globe terrestre. Vu l’avez vu au Kenya, à Medine, au Nigeria, à Bagdad, à Bruxelles, etc. Ceux qui veulent le retrait de la FDN devraient aussi écouter la communauté internationale qui apprécie ce que nous apportons en Somalie et en Centrafrique. Vous pouvez le constater de vous-même: eu égard aux sacrifices consentis par notre armée pour stabiliser la Somalie, si la FDN se retire avant la fin du mandat de l’AMISOM, il y aura un vide et le combler sera très difficile.

Comment comptez-vous gérez l’après-AMISOM ?

Si l’AMISOM arrive à sa fin, on dira bravo à la FDN. La contribution de notre pays aura eu des conséquences heureuses. Et notre énergie sera investie autrement, toujours au service des communautés, au Burundi, en Afrique et ailleurs.

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