Économie locale, Politique Locale

“Bujumbura doit être un centre de rayonnement économique, et non de délinquance”

Opération “Ville Propre”, réduction de l’insécurité, lutte contre la petite délinquance, etc. Le Maire de Bujumbura, Hon. Freddy Mbonimpa, se confie à Ikiriho.  

Aujourd’hui beaucoup de gens s’intéressent à la ville de Bujumbura, Comment se porte-t-elle ?

La capitale a changé de visage depuis quelques mois. Il y a plus de tranquillité, les affaires recommencent, la vie reprend à Bujumbura, les lieux de détente (karaokés, sports) sont de nouveau ouverts, jusque tard dans la nuit.

Vous avez instauré une campagne dénommée “Ville propre”. Quelles sont les raisons d’un tel programme?

Depuis l’année passée avec l’insurrection urbaine, il y avait du désordre dans les rues. On y avait brûlé des pneus, la vente ambulante avait explosé, le petit banditisme s’installait avec de nombreux pick-pockets, etc. Or, pour l’image du pays, il faut une capitale propre, rayonnante, dans laquelle les Burundais et les non-Burundais s’identifient. On lit souvent, notamment sur les réseaux sociaux, beaucoup de plaintes sur l’insalubrité de certaines places de Bujumbura. C’est pourquoi nous appelons ceux-là même qui se plaignent à Bujumbura de s’associer à nous tous les samedis pour rendre propre leur ville. Par ailleurs, nous allons instaurer un système de « pollueur payeur » où tous ceux qui ont un business ou qui travaillent à Bujumbura devront contribuer à la salubrité des lieux, via un comité mixte composé des représentants des usagers de la ville et des agents de la mairie. La collecte des moyen se fera sur un seul compte. Comme ça, tout le monde se rendra compte que la propreté de la ville n’est pas que l’affaire de l’Etat ou de la Mairie.

Après le lancement de ce projet, les commerçants ambulants ont disparu des rues de Bujumbura. Est-ce que ce n’est pénaliser ceux qui ont peu de moyen dans le commerce, et priver de revenus de très modestes familles?

Il faut un peu de l’ordre pour arriver à la propreté. L’État a fait des efforts en construisant des marchés. Les gens qui font le commerce ambulant ne payent pas ni taxe, ni d’impôt, alors qu’à quelques pas d’eux sont assis ceux qui le font. Pourquoi ce traitement à deux vitesses? La vente ambulante, c’est aussi le désordre, l’insalubrité avec des pelures de bananes, mangues, oranges … partout au centre-ville. Les immondices explosent, et les frais de traitement avec. Pour réduire ce chaos, nous avons contraint tous les vendeurs ambulants de s’installer dans les marchés connus, avoir des places et payer les taxes comme les autres. En même temps, nous avons pris l’engagement par rapport aux centaines de mendiants en leur demandant de quitter les rues de la ville. Pour la majorité d’entre eux, ce sont des hommes et des femmes qui ont encore la force de travailler. On doit comprendre que Bujumbura est appelé à être un centre de rayonnement économique et non une plaque-tournante de délinquance. Et cela a un prix.

Est-ce que ce programme de “Ville propre” va s’étendre au niveau des quartiers ?

Nous avons commencé avec le centre ville, on va continuer dans les zones et les quartiers. On va encourager les habitants à mettre en place des coopératives qui vont faire des contrats avec la commune de façon à participer activement en contribuant dans le payement des entreprises qui font la propreté. D’ici fin de l’année, du centre à la périphérie, tout sera en ordre.

La beauté d’une ville ne peut être perçue sans la sécurité. Depuis votre arrivée, qu’est ce qui a changé sur ce plan et qu’est ce qui reste à faire?

Au départ, nous avions un problème au niveau de l’administration. Après avoir mis tous les interlocuteurs administratifs en place, et avec l’activation des comités mixtes de sécurité, la collaboration a été très facile entre la police et la population. La quadrilogie police-administration-population-justice a fait que le contrôle de la situation soit fait d’une façon efficiente. C’est pour cela que vous voyez qu’on ramasse des armes, et que les criminels eux-mêmes se rendent aux forces de l’ordre. La ville est devenue vivable aujourd’hui suite à la conjugaison des efforts de tout le monde.

Il y a un nombre croissant de plaintes sur une hausse pick-pockets au centre-ville. Comment gérez-vous cela?

Bientôt on va instaurer un système de parking payant. Ce système va permettre de diminuer le banditisme. Ceux qui volent dans les voitures ne trouveront pas de place car tous les parkings seront contrôlés par les agents de la mairie qui vont faire payer les parkings. Ils seront également chargés de la sécurité des biens, des services et des hommes.

A une certaine époque, Bujumbura avait l’ambition de construire un Hôtel de ville? Où en êtes-vous?

Les derniers équipements de finissage sont en cours. Nous espérons terminer avec ce projet avec juin 2017.

Des experts parlent d’une montée des eaux du lac Tanganyika. Est ce qu’il y a des mesures préventives pour ce scenario ?

La mairie ne peut à elle seule prévoir des catastrophes de cette ampleur. Il existe une plate-forme nationale chargée de gérer et de trouver solutions aux catastrophes naturelles. Nous avons des représentations au niveau de la mairie et au niveau national. Les prévisions existent donc pour parer à une telle catastrophe.

Comment se porte la santé économique de la ville de Bujumbura depuis votre accession au poste de Maire ?

Il y a des efforts qui ont été consentis par le personnel et par nous mêmes. Nous constatons que malgré les problèmes de recouvrement des impôts et taxes, il y a des avancés. Globalement, le message à la population est que la ville de Bujumbura leur appartient. Ils doivent participer à son épanouissement en s’impliquant dans la lutte contre l’insalubrité, dans la sécurité, en contribuant positivement au maintient de la paix. Aux gens qui préfèrent aider les mendiants, n’encouragez pas la mendicité, mais adressez-vous plutôt à l’administration qui vous montrera qui aider et dans quelle mesure le faire.

One Comment

  1. Jean-Marie Ntahonkiriye

    Ce programme avait trop attendu mais on comprend que le gouvernement seul ne peut pas y arriver, il faut engager la population locale et la faire comprendre qu’ il y va de l’ interet de tout le monde.

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