Politique

MAC: “Le dernier congrès du Cndd-Fdd laisse planer de l’espoir pour le Burundi”

Comment concevoir le rôle d’une société civile forte dans un Burundi post-crise ? Ikiriho tend le micro à Aimé Pascal Nduwimana, représentant du Ministère Africain de Compassion (MAC), organisation opérationnelle depuis 2007.

Certaines organisations de la société civile ont été fermées. Pourquoi la vôtre fonctionne toujours ?

Nous, on a bien compris dès le départ notre mission. Nous ne sommes pas une organisation qui défend des intérêts politiques. Nous respectons notre cahier de charge que nous avons déposé au Ministère de l’Intérieur: chez MAC on s’occupe d’apporter de l’aide aux nécessiteux, ainsi que notre savoir-faire en matière de réconciliation, avec un accent sur l’évangélisation et la promotion des valeurs de bonne gouvernance. Nous sommes actuellement fonctionnels car nous n’avons pas dévié de nos missions.

Quelle est l’importance de la société civile ?

L’importance de la société civile réside dans le fait de soutenir l’État dans le processus de développement du pays. C’est vrai que l’État met en place des politiques en faveur de la population. Mais il ne peut pas couvrir toutes les couches sociale. C’est là que la société civile intervient pour renforcer l’intervention étatique dans les communes et dans les collines du pays. La société civile doit travailler main dans la main avec l’État, en donnant des conseils et en s’entraidant pour le bien de la communauté.

Certains membres de la société civile sont accusés d’avoir participé au déclenchement de la crise de 2015. Qu’en dites-vous ?

Nous l’avions remarqué depuis longtemps: quelque chose se tramait. Depuis 2010 déjà, on pouvait voir des positionnements qui visaient à semer la division au sein même de la société civile, entre ceux qui étaient perçus comme contre le gouvernement et que l’on s’arrangeait pour financer, et les autres. Vers 2013, on a eu les premiers dérapages: des associations qui avaient comme mission la lutte contre la corruption s’immisçaient des débats purement politiques. Graduellement, renforcés par la protection qu’ils avaient notamment de leurs bailleurs, les leaders de la société civile sont devenus plus virulents que les chefs des partis politiques. Jusqu’au jour où ils ont appelé les gens à descendre dans les rues pour manifester contre l’actuel mandat du Président Nkurunziza. Personne ne nierait actuellement que la société civile burundaise n’a pas participé dans la création et la montée de la violence observée au printemps 2015. Les organisations responsables de cette situation devraient demander pardon, car ils ont fait du tort au Burundais en s’engageant dans des luttes qui étaient réservé aux politiciens.

Que pensez vous du changement des textes qui régissent le Cndd-Fdd, et sur l’impact de la vie politique au Burundi ?

Pour le MAC, le congrès tenu par le Cndd-Fdd à Ngozi signifie la renaissance, un nouveau départ. Nous avons suivi ses activités et nous trouvons qu’il y a de l’espoir. Notamment du fait que les statuts ont été changés: cela montre une certaine préoccupation en ce qui concerne la réalité que le pays traverse. Après la crise que ce parti venait de traverser, rassembler ses membres autour de nouvelles orientations montre également le souci de faire progresser la cohésion à l’intérieur du parti. Ainsi, l’impact ne peut être que positif sur la vie du pays: si le parti qui gouverne se porte bien, le pays se porte pareil.

Que pense Mac sur le dialogue inter-burundais, et Arusha ?

Comme pays qui vient de fêter ses 54 ans d’indépendance, c’est honteux de croire que nous trouveront les solutions ailleurs qu’au Burundi. Nous soutenons plus le travail de la CNDI, car le vrai dialogue, c’est quand chaque burundais, indépendamment de sa condition, peut prendre la parole et proposer des solutions aux problèmes que connaît le pays. Quant à Arusha, nous demandons au facilitateur Mkapa de collaborer avec la CNDI car beaucoup de gens s’improvisent comme représentants du peuple burundais sans autre mandat que leurs propres intérêts. Le dialogue que les Burundais veulent doit être un dialogue qui n’est pas basé sur les intérêts individuels ou ethniques. Pour ce qui est des participants, tous les Burundais devraient donner leur contribution, sauf ceux qui sont poursuivis par la justice pour leur rôle dans la déstabilisation des institutions démocratiquement élues.

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