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“Le port de Bujumbura cherche à fluidifier au maximum la circulation des marchandises”

Depuis sa création en 1921, le port de Bujumbura reste le principal point d’entrée et de sortie des marchandises au Burundi. De concessionnaire en concessionnaire, son exploitation et sa gestion se focalise sur sa modernisation. Après une rencontre avec les usagers du port, Ikiriho s’est entretenu avec le Directeur Général du GPSB Global Port Services Burundi (GPSB), unique concessionnaire du port depuis décembre 2012.

Comment se porte le port de Bujumbura actuellement ?

Nous sommes en pleine réorganisation pour une capacité optimale d’accueil. C’est visible que le port de Bujumbura n’est pas le seul point d’encrage sur le Tanganyinka. Mais en même temps, c’est le meilleur en matière logistique, permettant à la fois de desservir le Burundi et l’Est de la RDC. Nous offrons notamment l’accueil des marchandises à l’importation et à l’exportation, ainsi que des entrepôts pour la sécurisation des marchandises. Nous venons aussi d’investir dans un système de vidéo-sécurité pour lutter contre les détériorations qui se commettaient sur les marchandises.

Le Directeur Général de GPSB, Bonaventure Sinzobakwira
Le Directeur Général de GPSB, Bonaventure Sinzobakwira

Pourquoi les importateurs et les exportateurs choisiraient le port de Bujumbura ?

Le lac Tanganyika constitue une plaque tournante pour le développement économique du Burundi, qui a le potentiel de devenir un pôle d’industrialisation une fois que le corridor central sera pleinement opérationnel. Et le port de Bujumbura a cette chance par rapport aux autres sur le lac d’être à l’intersection des corridors Nord, Sud et central. Seulement, le respect strict des procédures portuaires reste de mise dans l’intérêt du pays et de la bonne marche des activités du port.

Sur ce point, quel avantage le port de Bujumbura tire de l’intégration régionale du Burundi ?

Pour les importateurs et les exportateurs, la plus grande hantise reste les coûts de transport. La route est par nature la plus chère des voies. L’intégration régionale du Burundi permet d’envisager deux nouveaux moyens de transport: le chemin de fer, et le renforcement de la voie maritime sur le lac Tanganyika. Ainsi, avec l’utilisation du rail Dar-es-Salam – Kigoma – Bujumbura, on pourra sauver autour de 1.5oo$ par conteneur en termes de dépenses induites par le transport. Et de Bujumbura, le port de Bujumbura pourra desservir toutes les villes riveraines du lac.

Vous avez acquis récemment une machine de chariotage (TEREX TFC 45). Qu’apporte-t-elle dans les prestations du GPSB ?

Cette installation déplace facilement des charges de plus de 50 T. Même l’administration douanière s’en sert désormais pour faire correctement ses contrôles. Ils se résument en quelques étapes: la douane vérifie la nature des marchandises et le poids déclaré sur les documents d’importation. Avant la venue du chariot Terex, il était difficile de faire ce contrôle de poids, notamment sur les déchargements à domicile. Désormais, si l’administration douanière constate que le poids pesé au port est différent de celui qui est déclaré, elle peut exiger le déchargement immédiat ou d’autres sanctions. Le chariot Terex aide donc dans la sécurisation des recettes douanières, avec des contrôles plus efficaces.

Certains usagers du port de Bujumbura estiment que les procédures y sont toujours plus longues et complexes ?

Ces inquiétudes concernent principalement les camionneurs qui utilisent le parc de stationnement. Quand GPSB a commencé à travailler, un camion qui arrivait au port de Bujumbura pouvait y passer une ou deux semaines, ce qui handicapaient les camionneurs, et impactaient négativement la fluidité du business. Depuis, les délais se sont réduits à deux jours. Nous sommes en pourparlers avec quelques transitaires qui souhaitent décharger leurs conteneurs directement au port de Bujumbura, et que leurs camions repartent le même jour. Une autre piste: acquérir de conteneurs vides, quitte à ce qu’un camion arrivant y décharge son contenu, et reparte immédiatement. S’il arrive que les services douaniers prennent beaucoup de temps, ou si les agents spécialisés ne sont pas disponibles pour dédouaner sa marchandise, le camionneur ne doit pas être pénalisé. Les procédures ne s’allongent donc pas, au contraire: GPSB cherche par tous les moyens de fluidifier au maximum la circulation des marchandises.

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