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A Arusha, les positions sont désormais claires: le FORSC-CNARED joue contre Mkapa-EAC

Ikiriho l’avait annoncé dès les débuts de la semaine passée. Ce n’est plus un secret depuis hier soir : le FORSC, qui réunit les principaux activistes politiques issus de la société civile engagés contre Pierre Nkurunziza a sorti sa position par rapport aux pourparlers en cours à Arusha.

Le FORSC demande deux choses: que le Secrétariat Général de l’EAC soit écarté de l’organisation du dialogue. Et que la facilitation ne soit plus assurée par l’ex-numéro un tanzanien Mkapa seul. Exactement comme l’avait suggéré le lobby International Crisis Group, le FORSC veut ajouter des co-facilitateurs à Mkapa venus des Nations Unies et de l’Union Africaine pour piloter le dialogue.

En noyant les efforts de stabilisation entrepris par les Chefs de l’État de l’EAC, l’axe FORSC-CNARED privilégie l’agenda de certains pays de l’Union Européenne {qui finance l’UA} voulant une transition politique au Burundi.

Ce dont ne veut pas la Tanzanie, selon sa diplomatie : « Avec l’approbation du gouvernement burundais, ce qui sera discuté à Arusha ne sera pas un changement de régime, ni un gouvernement de transition. Mais un partage du pouvoir, avec le but de créer une dynamique entre le processus intérieur et les forces qui se trouvent à l’étranger. Nous cherchons un consensus qui relève de la responsabilité de l’East African Community ».

Le panel d'Honneur, Ouverture des consultations, Arusha
Le panel d’honneur, lors de l’Ouverture des consultations, Arusha: EAC, UA, ONU.

Le jeu est désormais clair : le FORSC et le CNARED, en réalité ceux qui financent ces deux entités, ne veulent pas que la région conduise le processus de dialogue inter-burundais. L’EAC est indépendante des injonctions politiques de certaines puissances européennes.
Alors, ces acteurs de l’ombre préfèrent passer par l’UA et l’ONU, dont ils maîtrisent les canaux.

Le Professeur Filip Reyntjens avait proposé il y a quelques jours une sortie de crise burundaise qui se concentrerait sur 2020, en intégrant l’opposition dans les institutions issues des élections de 2015. Cette proposition semble la plus réaliste compte tenu des forces en présence sur l’échiquier politique burundais.
La réponse de l’axe FORSC-CNARED est venue d’Athanase Karayenga, ancien directeur de la RTNB et uproniste: “Proposition absurde, offensant, intellectuellement fragile pour ne pas dire débile”.

L’entêtement de l’opposition radicale d’imposer la transition remonte aux débuts de 2015, bien avant les élections. Nyangoma, le futur président du CNARED écrivait : “Face à une situation explosive et à l’entêtement du régime de Nkurunziza dans l’exclusion et la violence, il est impossible de tenir des élections justes et transparentes. Il faut que tous les Burundais patriotes, toutes les forces vives de la nation s’organisent pour faire pression en vue des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition pour mettre en place un gouvernement de transition”.

Face au refus du gouvernement burundais et de la région d’une transition, “cet entêtement de l’opposition radicale risque de déboucher sur des violences aux dimensions régionales”, avancent des analystes sécuritaires basés entre Bujumbura et Goma.
Aux Nations Unies et à l’Union Africaine de mesurer les dangers de cette impasse.

One Comment

  1. Jean-Marie Ntahonkiriye

    Il appartient au gouvernement de ne pas se laisser distraire et pieger par ces pourparlers et continuer a assurer la sécurité de la Nation. A en croire les demandes de l’ opposition, la transition dont ils ont besoin ne leur permettrait que d’ acceder au pouvoir pour guarantir leurs propres interets et ceux des acteurs exterieurs au detriment du peuple Burundais.

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