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Les demandes à Arusha: inclusion du CNARED et des rebelles, rapatriement du dialogue, etc

Alors que vient de se clôturer le premier round des pourparlers inter-burundais, Ikiriho revient sur les demandes faites au facilitateur.
Les consultations avec les différents acteurs de la crise burundaise se sont poursuivies toute la journée de ce lundi 23 mai 2016. Contrairement aux désinformations médiatiques, les positions défendues jusqu’à hier ont clairement prouvé que toutes les sensibilités politiques étaient représentées à Arusha.

La veille, dimanche, le facilitateur avait écouté le gouvernement burundais, qui demandait notamment le rapatriement du processus de dialogue au Burundi.

Ce lundi avant midi, c’était le tour des partis politiques. D’un côté, les partis ayant participé au processus électoral de 2015 {Cndd-Fdd, une partie de Mizero, Uprona, FNL, les formations politiques de la coalition Copa, etc}. De l’autre, les partis n’ayant pas participé {les deux Frodebu, CNDD, Uprona sensibilité Nditije, UPD, les Frondeurs, etc}.

Toutes les parties ont reconnu l’efficacité de l’approche méthodologique du facilitateur. D’ailleurs, Mkapa a promis de rencontrer tous les acteurs. L’opposition n’ayant pas participé aux élections est revenue sur la réhabilitation de l’Accord d’Arusha et l’importance d’une transition politique à cet effet. Elle a aussi plaidé pour l’inclusion du CNARED comme acteur politique à part entière dans les pourparlers. Elle a souligné l’urgence de la création des conditions propices aux négociations {arrêt des tueries, libération des prisonniers politiques, annulation des poursuites judiciaires, reprises des activités des radios indépendantes, etc}.

Dans l’après-midi, le Facilitateur Mkapa a reçu la société civile, avant d’écouter les femmes et les jeunes.
La société civile burundaise, c’était notamment l’Olucome et la Ligue Iteka qui ont présenté une déclaration conjointe au Facilitateur demandant notamment la participation aux pourparlers des médias détruits, des groupes armées et organisations de la société civile suspendues.
Face à l’urgence de la situation, Gabriel Rufyiri et Anschaire Nikoyagize ont demandé à Mkapa que ce dialogue à Arusha ne dure pas plus d’un mois.

Au nom du think-tank Alma Parens, le sociologue Désiré Manirakiza a présenté trois pistes pour éviter d’avoir d’autres Arushas: prioriser dans l’absolu les questions de développement économique, résoudre la question des droits et devoirs des médias, instaurer une justice qui traite en médiocre estime l’impunité.

Pour les femmes, certaines positions étaient politiquement claires. Ainsi, Marie Louise Baricako, une Burundaise établie au Rwanda depuis quelques années et présidant le MFFPS, plate-forme féminine proche de l’opposition, a demandé la démission du Secrétaire Général de l’EAC!

Affirmant que le nombre de groupes rebelles augmente du jour au jour, parmi lesquels les Imbonerakure, elle a demandé à inviter plus de femmes pour négocier la sortie d’une crise qui devient pire du jour au jour.Avis que ne partage pas le Forum National des Femmes: le problème n’est ni ethnique, ni lié au mandat, mais celui de la peur de certains politiciens incapables de gagner la confiance du peuple. Le Forum s’est insurgé contre les manipulations des jeunes par des politiciens et activistes politiques qui agissent à distance, bien au chaud.

L’un des exposés les plus appréciés par la facilitation et les observateurs est venu du Conseil National de la Jeunesse du Burundi. Mkapa a félicité la présentation à trois reprises, soulignant qu’elle va droit au but.
Le CNJB a notamment plaidé pour l’insertion citoyenne et professionnelle des jeunes, avec des plans nationaux concrets. Cette présentation se clôturait en paraphrasant feu le Président Bagaza: « Seul l’Etat peut lancer de lourds projets à long terme pour le pays, seule la jeunesse peut les faire aboutir ».

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