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Le gouvernement du Burundi en position de force avant la reprise des pourparlers, à Arusha

Les spéculations vont bon train, à mesure que s’approche la reprise des pourparlers burundais, prévus du 2 au 6 mai prochain à Arusha.

Du côté gouvernementale, la ligne n’as pas changé depuis la dernière rencontre à Entebbe, en décembre 2016. Oui au dialogue, mais en respectant la lettre de la résolution 2248 qui consacre “les acteurs pacifiques” du conflit. Bujumbura ne veut donc pas entendre parler de tous ceux qui ont trempé dans les violences, que ce soit le putsch de mai 2015, les attaques contre les forces de l’ordre, les jets de grenade sur la population civile, ou les assassinats ciblés comme ceux en cours.

Le CNARED, mangé par des divisions internes, vient de changer de direction après neuf mois comme prévu par ses statuts, affirme sa volonté d’être dans la célèbre ville tanzanienne. Même si Nyangoma, le président sortant de la coalition, est peu enthousiaste en constatant que la facilitation a invité les membres de la coalition au titre de leurs partis politiques, et non comme un seul groupe.  Ce qui va dans le sens des attentes du gouvernement burundais.

En réalité, Bujumbura se retrouve en position de force une année après le début de la crise, et n’entend pas faire de concession si tôt.

Présidé par le président Pierre Nkurunziza, le Conseil National de Sécurité s’est félicité hier de la maîtrise de la situation sécuritaire. Les attaques ciblées contre les gradés des forces de sécurité traduisent “la perte du terrain politique et l’incapacité d’affronter la police et l’armée” de la part de l’opposition radicale et ses éléments.

Au niveau diplomatique, le statu quo règne au sein du Conseil de sécurité, incapable de se prononcer clairement sur le volume de la police onusienne à déployer sur le sol burundais. Fidèle à sa ligne depuis le début de la crise, l’ambassadeur Samantha Power, au nom des États-Unis, défend une force massive de 3000 hommes armés à envoyer au Burundi. La France et la Nouvelle-Zélande sont pour pour l’option de 228 policiers, alors que la Chine et la Russie sont pour quelques dizaines de policiers onusiens.

L'ancien et le nouveau président du CNARED, lors de la reprise du dialogue inter-burundais à Nairobi
L’ancien et le nouveau président du CNARED, lors de la reprise du dialogue inter-burundais à Entebbe en décembre dernier

Quand aux pourparlers d’Arusha, la seule menace pour le pouvoir de Bujumbura viendrait peut-être de la composition de l’équipe technique derrière le facilitateur William Mkapa. En effet, “personne ne sait sur quelles bases, ni par qui elle a été formée”, témoigne une source au sein du parti au pouvoir.
Présidée par Joseph Birungi, en charge des relations extérieure à l’EAC, l’équipe comprend aussi Patrice Mulama et Benoit Bihamiriza, du département “Paix et Sécurité”, section “Alerte Précoce”, toujours au sein de l’EAC. Tous ces trois messieurs étaient en place déjà du temps de la facilitation ratée du ministre ougandais Kiyonga Crispus. Et il y a quelque chose qui cloche, pour Bujumbura. “Deux des personnalités travaillent pour les renseignements rwandais”, indique un officiel, tandis qu’un troisième au sein de l’équipe technique a été un soutien sans faille de l’opposition radicale burundaise au sein des structures de l’EAC.

En attendant que cette équation trouve des solutions, le nouveau président du CNARED, le Dr Jean Minani a planté le décor des pourparlers en insultant le président Nkurunziza, dans un discours très orienté sur l’importance des Accords d’Arusha.
Quant au parti au pouvoir, la position lancée par Pascal Nyabenda aux hauts cadres du Cndd-Fdd cette semaine est claire : “Nous irons à Arusha pour préparer les élections de 2020. Celles de 2015 sont finies.”
Alors, “Arusha” ou “2020” au menu des discussions sous Mkapa ?  Wait and see comme disent les Anglais.

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