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Libérat Mfumukeko: un Burundais de haut profil aux commandes de la Communauté Est-Africaine

Libérat Mpfumukeko, le nouveau Secrétaire Général de l'EAC
Libérat Mpfumukeko, le nouveau Secrétaire Général de l’EAC

Après les rumeurs et les spéculations des mois durant, ainsi que de vraies tentatives d’empêcher le Burundi d’avoir un Secrétaire Général (SG) à la tête de l’EAC sous prétexte de la crise politique en cours, le verdict tombait le 2 mars dernier : le choix des Chefs d’Etat de l’EAC portait sur Libérat Mfumukeko, un Burundais pour piloter les politiques communes de la communauté. Le débat était désormais clos !
Un profil loin d’être inconnu au sein de l’institution puisque, depuis début 2015, M. Mfumukeko occupait le poste de Secrétaire Général Adjoint chargé de la division la plus importante et la plus transversale, celle des Finances et de l’Administration qui réunit, entres autres, des directions, départements et unités s’occupant de questions aussi diverses que les Finances, les Ressources Humaines, les Approvisionnements, la Logistique, l’Informatique, la Sécurité, etc.

Avant de rejoindre l’EAC, notre nouveau Secrétaire Général était, de 2013 à 2015, Directeur Général de la Regideso et en même temps Président du Pool Energétique Est-Africain (EAPP) réunissant dix pays, dont cinq de l’EAC. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : outre les meilleurs bénéfices de l’histoire de l’entreprise, la Regideso a pu investir en 2014 plus de 10 milliards de Fbu dans la production d’énergie sans le concours de l’État ni d’aucun tiers bailleur. Entre 2009 et 2012, M. Mfumukeko a créé du néant l’Agence Burundaise de Promotion des Investissements (API), assuré son développement et ses succès qui ont permis une montée en flèche du classement du Burundi dans les rapports « Doing Business » de la Banque Mondiale. Conséquence : il sera élevé au rang ministériel en 2012 comme Conseiller Principal du Président de la République chargé des Questions Économiques.

Mais cette carrière honorable dans l’administration est venue s’ajouter à une autre, hétéroclite et longue de près de 15 ans, où notre homme a été employé dans diverses entreprises françaises et américaines, entrepreneur et consultant pour certaines de réputation mondiale, expert économiste au sein de la FAO (ONU), Maître de conférence puis chargé de programmes de formation d’entreprises françaises à Clark University (Massachusetts, USA), et même partenaire, au début des années 2000, du Directeur de l’Unité Stratégie de la Harvard Business School (Université de Harvard). Enfin, certains milieux new-yorkais et français se souviennent encore du jeune « Golden Boy » qui, dès sa sortie de l’université, a été un des premiers agents et promoteurs des marques FUBU et Karl Kani dont le succès est devenu planétaire.

Et lorsqu’on gratte pour fouiller dans son histoire, on comprend plus clairement ce profil atypique : aîné d’un couple mixte (le père est hutu, la mère tutsi), Libérat voit le jour en 1964 à Bujumbura, en provenance de Bukeye, province Muramvya. Le jeune Mfumukeko est brillant, du primaire au secondaire, malgré un contexte très difficile: son père échappe de peu à la mise à mort en 1972 comme d’autres dizaines de milliers de Burundais hutu d’alors. La famille est dispersée entre le Zaïre d’alors, et le Rwanda.
Libérat lui restera à Bujumbura, chez des parentés. Il s’illustre comme un fidèle abonné aux trois premières places de la classe pendant ses années au Collège du Saint-Esprit de Bujumbura, devenu plus tard Lycée du St. Esprit. Ce qui lui vaudra une bourse d’excellence en 1984.

Peu après, le jeune étudiant obtient la plus haute distinction à l’école préparatoire de l’université Lomonossov de Moscou, un des meilleurs établissements de Russie, avant de poursuivre ses études en France, à l’université François Rabelais de Tours. A la fin de sa licence, le jeune voyageur passe en 1990 les examens d’admission dans les grandes universités américaines, et il intègre, avec une bourse d’excellence et un prêt de la Banque Populaire de France, la Business School de Clark Universty (Massachusetts), une université discrète mais pas n’importe laquelle… Fondée en 1887, cette université est l’une des 14 universités (avec notamment Harvard, Stanford, John Hopkins et Yale) co-fondatrices de l’ «Association of American Universities » qui rassemble les universités ayant la meilleure performance dans la recherche et l’enseignement de troisième cycle.

Dans cette université très axée sur l’international, Libérat Mfumukeko se fait vite remarquer ; dès la fin de ses études, il est retenu comme le plus jeune professeur de l’université et celle-ci va le parrainer pour l’obtention de la carte de résident permanent aux USA. A la fin des années 90, le jeune burundais a presque tout: membre du cercle de l’élite professionnelle américaine, vivant entre la côte Est américaine et la France, une dizaine de célébrités mondiales de la musique et du sports sous contrat pour la promotion de certaines marques qu’il représente en Europe et en Asie, polyglotte après 29 ans d’études dans quatre pays différents, dont 23 ans en Europe et aux USA…, Libérat lorgne pourtant et toujours sur l’Afrique, et le Burundi en particulier.

C’est grâce à une mission du PNUD que Libérat Mfumukeko débarque à Bujumbura un beau jour de 2006 comme consultant onusien, après 23 ans d’absence. Venu pour ne rester qu’un mois, il ne repartit jamais.
Du business aux Nations Unies, puis la haute administration burundaise et enfin la tête de l’EAC, l’homme aura fait preuve de qualités à saluer dans ce Burundi qui se cherche. Et des plus importantes : patriote, ouvert au monde, et intègre.

4 Comments

  1. Jean-Marie Ntahonkiriye

    Excellent! Combien de Burundais banigiwe muri menshi avec les fameux “i” et “u” qui aujourd’hui feraient l’ honneur de notre chere Nation?
    Quand on selectionnait les beneficiaires des Bourses d’etudes pour la Belgique au term du cycle A2, ETS Kamenge, mon age fut falsfie pour que ma place soit prise par quelqu’un d’autre! Mais grace au tout Puissant, j’ai pu faire mes etudes d’ingenieur qu’ on m’avait refuse.

  2. Nizigiyimana Elie

    Coup de chapeau. c’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. son excellente carrière fait la fierté du Burundi.

  3. Je confirme les qualités d’intégrité et de probité de Liberat que j’ai connu a son retour au pays dans une mission du PNUD a laquelle j’ avais activement contribué. Que Dieu le guide et l’éclaire dans ses nouvelles fonctions.

  4. NDUWIMANA FREDERIC

    Je Suis Heureux De Lire Sa Biographie. C,est Un HOMME de grande importance.

    Que Dieu Vous Benisse Mr Le Grand Mpfumukeko.

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